En pleine Coupe du monde 2026, une nouvelle polémique éclabousse la FIFA. 50 députés européens demandent l’ouverture d’une enquête visant son président, Gianni Infantino, qu’ils accusent d’avoir compromis la neutralité politique de l’instance en multipliant les gestes de soutien envers le président américain Donald Trump.
Cette initiative renforce la pression déjà exercée depuis plusieurs mois par l’organisation britannique de défense des droits humains FairSquare. L’ONG avait saisi dès décembre la commission d’éthique de la FIFA, estimant que son président avait enfreint les règles de gouvernance de l’organisation.
Dans une lettre adressée à la commission d’éthique, cinquante eurodéputés issus de treize pays appellent à une enquête « rapide et sincère » sur le comportement de Gianni Infantino. Les signataires, principalement membres des groupes sociaux-démocrates, libéraux et écologistes, estiment que l’affaire ne peut plus être ignorée alors que la FIFA est au centre de l’attention mondiale avec le Mondial 2026.
Pour eux, cette procédure constitue un test de crédibilité pour l’instance dirigeante du football. Ils estiment qu’elle doit démontrer son attachement à la neutralité politique, à la transparence et au respect de ses propres règles.
Selon FairSquare, cette mobilisation représente la prise de position politique la plus importante contre la gouvernance de la FIFA depuis 2015, lorsque le Parlement européen avait appelé au départ de l’ancien président de l’organisation, Sepp Blatter.
Au cœur de la controverse figure un mystérieux « Prix FIFA de la paix » remis à Donald Trump en novembre dernier. L’organisation britannique reproche à Gianni Infantino d’avoir créé cette distinction sans jamais en préciser les critères, les modalités d’attribution ni les objectifs.
Le présidnt de la FIFA épinglé
L’ONG considère que cette initiative, ajoutée aux nombreuses déclarations favorables du président de la FIFA envers Donald Trump, constitue une violation de son devoir de neutralité inscrit dans le code d’éthique de l’institution.
FairSquare rappelle notamment que Gianni Infantino avait publiquement Donald Trump reçoive le prix Nobel de la paix et s’était à plusieurs reprises montré élogieux à l’égard de sa politique. Pour l’organisation, ces prises de position dépassent largement le cadre du football.
Début juin, la Fédération norvégienne de football est devenue la première – et jusqu’à présent la seule parmi les 211 fédérations membres de la FIFA – à soutenir officiellement la demande d’enquête.
Les défenseurs des droits humains estiment que le comportement de Gianni Infantino fragilise l’image d’impartialité que la FIFA est censée incarner. À leurs yeux, un soutien aussi affiché à un dirigeant politique menace non seulement la crédibilité de l’institution, mais aussi l’intégrité du football mondial.
Alors que les regards de la planète sont tournés vers la Coupe du monde, cette nouvelle affaire place une fois de plus la gouvernance de la FIFA sous les projecteurs et accentue la pression sur sa commission d’éthique, désormais appelée à se prononcer sur un dossier devenu hautement sensible.
