Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a exhorté le continent à rompre avec ce qu’il considère comme un réflexe d’auto-dévalorisation persistant. Selon lui, le scepticisme récurrent quant à la capacité des Africains à administrer efficacement leur propre football constitue un frein réel au développement du jeu sur le continent.
Intervenant samedi en conférence de presse, à la veille de la finale de la Coupe d’Afrique des nations, Motsepe a dénoncé un discours médiatique parfois excessivement sévère.
« Il m’arrive de voir des critiques africaines plus dures envers l’Afrique que celles venues d’Europe, alors même que nos partenaires européens nous respectent et travaillent avec nous dans un esprit de coopération », a-t-il souligné, rappelant que la liberté d’expression ne doit pas se transformer en dénigrement systématique.
Le dirigeant sud-africain a insisté sur les progrès concrets accomplis ces dernières années par le football africain, appelant à ne pas réduire le débat à des dysfonctionnements ponctuels. Il a mis en avant les avancées en matière d’organisation, de niveau de jeu et de valorisation économique, estimant que ces réussites méritent d’être davantage reconnues.
Sur la question de la gouvernance, Motsepe a réaffirmé que la Confédération africaine de football n’accorde aucun privilège à l’un de ses 54 pays membres. L’égalité de traitement et le respect mutuel demeurent, selon lui, des principes non négociables au sein de l’instance.
Abordant l’arbitrage et l’usage de la VAR, Motsepe a reconnu l’existence d’interrogations légitimes autour de certaines décisions. Il a toutefois rappelé que la crédibilité d’une compétition se juge sur l’ensemble du tournoi, et non à travers quelques épisodes controversés, précisant qu’il suit les rencontres comme tout passionné, devant son écran.
CAN 2025, une édition historique selon Motsepe
Motsepe a par ailleurs qualifié cette édition de la CAN de l’une des plus abouties de l’histoire, saluant la qualité du jeu et les retours positifs de grandes figures du football mondial. Il a exprimé une gratitude appuyée envers le Maroc pour l’accueil et l’organisation, soulignant que les évaluations menées ont été très favorables et constituent un modèle pour d’autres nations africaines.
Concernant l’avenir, il a confirmé le report de la prochaine CAN, initialement prévue en février en Tanzanie, en Ouganda et au Kenya, au mois d’août, afin de garantir une préparation optimale des pays hôtes. Il s’est dit confiant dans la capacité du continent à livrer une nouvelle édition réussie.
Le président de la CAF a également défendu la décision d’organiser la CAN tous les quatre ans, rappelant qu’elle résulte de longues consultations et qu’elle pourra être réévaluée si les données objectives venaient à en démontrer les limites. Rejetant toute idée de soumission aux intérêts européens, il a estimé qu’une telle accusation est « offensante pour l’Afrique », soulignant que les décisions prises reposent sur l’accord souverain des fédérations membres.
Enfin, Motsepe a mis en lumière les retombées économiques positives de la compétition, révélant que les matchs ont été diffusés dans 180 pays et que les revenus sont passés de 11 à 55 millions de dollars. Pour lui, le développement du football africain repose autant sur la formation, la qualité du jeu et l’investissement humain que sur les moyens financiers.
Par ailleurs, il a lancé un appel clair : faire confiance aux compétences africaines et rompre avec le doute permanent. « Le monde nous respecte. Il est temps que nous commencions, nous aussi, par nous respecter », a-t-il conclu.
