Gianni Infantino voit sa candidature à la présidence de la FIFA une nouvelle fois contestée. À l’approche de l’élection prévue en mars 2027, l’ONG britannique FairSquare demande que le président sortant ne puisse pas briguer un 4e mandat.
Dans une lettre transmise le 13 août à la Commission de Gouvernance, d’Audit et de Conformité de la FIFA, l’organisation met directement en cause l’interprétation des statuts qui permettrait à Infantino de se représenter.
Le débat remonte à 2016. Élu à la suite de la démission de Sepp Blatter, Infantino avait alors terminé le mandat de son prédécesseur. Pour la FIFA, cette période ne doit pas être comptabilisée parmi les mandats présidentiels, puisqu’elle n’a pas correspondu à un cycle complet de quatre ans.
C’est précisément ce point que FairSquare conteste. L’ONG estime que l’élection organisée en 2016 doit être considérée comme un véritable mandat, même si Gianni Infantino n’en a pas exercé la totalité.
L’organisation s’appuie sur les statuts de la FIFA, qui limitent à trois le nombre de mandats présidentiels. Elle considère qu’aucune disposition ne permet d’exclure un mandat en fonction de sa durée effective.
Une bataille autour de l’interprétation des statuts à la FIFA
Pour FairSquare, l’enjeu dépasse le seul cas d’Infantino. L’ONG redoute qu’une telle interprétation crée une faille dans le système de limitation des mandats.
Elle estime notamment qu’un futur président pourrait chercher à écourter son mandat afin de provoquer une nouvelle élection et, par conséquent, prolonger son maintien à la tête de l’organisation. Une possibilité qui, selon elle, fragiliserait le principe même de limitation du pouvoir présidentiel.
La FIFA devra donc se prononcer sur cette contestation alors que Gianni Infantino reste, à ce stade, le seul candidat officiellement déclaré pour l’élection de 2027.
Cette nouvelle offensive intervient également dans un climat déjà tendu autour de la gouvernance de l’instance. FairSquare fait partie des organisations qui dénoncent régulièrement certaines décisions du président de la FIFA. Elle avait notamment demandé une enquête sur l’attribution du prix de la Paix de la FIFA au président américain Donald Trump.
Infantino doit par ailleurs faire face à des critiques liées à plusieurs de ses projets, dont celui visant à donner davantage de place aux investisseurs privés dans l’organisation de la Coupe du monde.
