Samuel Eto’o active ses réseaux pour renforcer les Lionceaux à quelques mois de la Coupe du monde U17. Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) s’est rendu en Angleterre pour rencontrer plusieurs jeunes binationaux. Mais une disposition datant de 2014 complique son projet.
Le Cameroun prépare déjà son rendez-vous mondial. Prévu du 19 novembre au 13 décembre 2026 au Qatar, le Mondial U17 pousse la Fecafoot à accélérer la constitution d’un groupe compétitif.
Dans cette perspective, Samuel Eto’o regarde notamment du côté de l’Europe. Lors de son passage en Angleterre, le président de la Fecafoot a rencontré plusieurs jeunes évoluant dans des clubs prestigieux. Bassirou et Douka Nkoto de Manchester United, William Gueke de Manchester City et Tomak Jaxon David de Nottingham Forest ont notamment été approchés.
Pour Eto’o, l’objectif est de convaincre ces jeunes talents de choisir le Cameroun. Certains connaissent déjà les sélections nationales de jeunes. La stratégie consiste surtout à établir rapidement le contact avec les joueurs et leurs familles, avant qu’ils ne prennent un engagement définitif avec une autre sélection.
L’initiative du président de la Fecafoot se heurte toutefois à un obstacle de taille. Un décret présidentiel datant du 26 septembre 2014 encadre la participation des jeunes évoluant à l’étranger aux sélections camerounaises.
Son article 7, alinéa 3, prévoit que les joueurs des catégories U15 et U17 doivent être enregistrés dans les compétitions organisées par la Fecafoot pour pouvoir représenter les sélections nationales de ces catégories.
Ce texte avait déjà eu des conséquences concrètes. Étienne Eto’o, fils de Samuel Eto’o, avait notamment été privé du Mondial U17 avec le Cameroun alors qu’il évoluait en Espagne.
Eto’o face à un choix délicat
La Fecafoot devra désormais clarifier le cadre juridique avant de pouvoir intégrer ces joueurs au groupe. Une modification du texte, une nouvelle interprétation ou une éventuelle dérogation pourrait être nécessaire.
Cette réglementation avait à l’origine pour objectif de valoriser la formation locale et de favoriser les joueurs évoluant dans les compétitions nationales. Mais le football moderne a profondément changé. La diaspora est devenue un véritable réservoir pour les sélections africaines, y compris dans les catégories de jeunes.
Le Cameroun ne veut donc pas se priver de profils formés dans les académies européennes. Pour Eto’o, ces joueurs peuvent apporter une plus-value technique et permettre aux Lionceaux de mieux rivaliser sur la scène mondiale.
Cette offensive intervient également dans un contexte de reconstruction. Après avoir manqué la Coupe du monde 2026 avec les Lions Indomptables, Eto’o entend préparer une nouvelle génération capable de porter la sélection dans les prochaines années.
Le succès récent des Lionnes Indomptables, sacrées pour la première fois, championnes d’Afrique au Maroc après leur victoire 3-0 contre le Malawi, apporte d’ailleurs une dynamique positive au football camerounais.
