À moins d’un an de la Coupe d’Afrique des Nations -CAN 2027, la Confédération africaine de football (CAF) lance une nouvelle bataille autour des droits de retransmission. L’instance continentale a publié le cahier des charges destiné à l’attribution des différents lots médias de la compétition, prévue du 19 juin au 17 juillet 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Les candidats intéressés devront finaliser leurs dossiers techniques avant le 14 septembre prochain. À travers cet appel d’offres, la CAF entend renforcer ses revenus commerciaux et attirer davantage d’opérateurs sur un marché devenu stratégique pour le football africain.
Le dispositif concerne les droits de diffusion en clair et par abonnement sur l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Les offres prennent notamment en compte plusieurs langues, dont l’anglais, le swahili, le portugais, le zoulou, le wolof et le yoruba. Particularité majeure de cette procédure est que les droits en langue française sont exclus du segment de la télévision payante. Une orientation qui va rebattre les cartes dans un marché jusque-là largement dominé par les grands diffuseurs francophones.
Le catalogue élargi de la CAF
La CAF ne limite pas son appel d’offres à la seule CAN. Le catalogue comprend également les droits médias des compétitions de jeunes, du Beach Soccer et du Futsal. L’objectif est de regrouper plusieurs produits afin d’augmenter leur attractivité auprès des opérateurs et de mieux valoriser les compétitions africaines.
Cette offensive commerciale intervient alors que la CAN s’affirme comme l’un des produits sportifs les plus attractifs du continent. L’édition 2025 disputée au Maroc a enregistré une audience cumulée annoncée à plus de 3,2 milliards de téléspectateurs, tandis que les plateformes numériques de la CAF ont généré plusieurs milliards de vues. Des performances qui renforcent le poids de la compétition sur le marché international des droits sportifs.
Pour l’édition 2027, organisée sous le label « PAMOJA », le défi sera donc double : maximiser les recettes tout en garantissant une large accessibilité au public africain. L’absence de droits francophones sur certains bouquets payants pourrait notamment susciter des interrogations dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, où la langue française demeure dominante dans les médias sportifs.
La réussite de cette nouvelle stratégie dépendra aussi de la capacité des opérateurs locaux à s’imposer dans le processus. Pour la CAF, il s’agit de trouver un équilibre entre rentabilité commerciale et accès du plus grand nombre aux rencontres. Un enjeu majeur alors que le football africain cherche à renforcer son autonomie financière et à développer ses propres infrastructures et programmes de formation.
