Le bras de fer entre le Sénégal, le Maroc et la Confédération africaine de football (CAF) entre dans une nouvelle phase. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a fixé au jeudi 8 octobre 2026 l’audience consacrée au recours de la Fédération sénégalaise de football (FSF), à Lausanne, en Suisse. Les débats se dérouleront à huis clos, sans qu’une décision soit attendue le jour même.
Le contentieux autour de la finale de la CAN 2025 se poursuit ainsi devant la juridiction sportive. À l’issue de l’audience, prévue à partir de 9h30, les trois arbitres chargés du dossier se retireront pour délibérer. Le TAS précise qu’aucun verdict ne sera rendu immédiatement après les plaidoiries.
Les parties n’ayant pas demandé de procédure accélérée, l’affaire suit le calendrier habituel de l’institution. La date de la décision finale reste donc inconnue. Elle pourrait être annoncée plusieurs jours, voire plusieurs semaines après cette audience.
Le TAS opte pour une audience à huis clos à Lausanne
La procédure se tiendra au siège du TAS, en présence des représentants des fédérations sénégalaise et marocaine. La CAF sera, quant à elle, représentée par ses conseils. Conformément aux règles de l’institution, les débats ne seront pas accessibles au public ni aux médias.
Pour examiner ce dossier, le tribunal a constitué une formation de trois arbitres, présidée par le professeur français Gérald Simon. Il sera accompagné de l’Italien Luigi Fumagalli et de l’Allemand Ulrich Haas. Les parties ont convenu que les échanges se dérouleraient en français.
Cette audience doit permettre aux différentes parties de défendre leurs positions sur une décision qui a profondément bouleversé l’issue de la CAN 2025.
À l’origine de ce recours se trouve la décision du Jury d’appel de la CAF, rendue le 17 mars 2026. L’instance avait alors renversé la décision initiale du Jury disciplinaire en déclarant le Sénégal forfait pour la finale disputée le 18 janvier à Rabat.
Sur le terrain, les Lions de la Teranga avaient pourtant battu le Maroc 1-0 après prolongation. Mais la CAF a homologué la rencontre sur le score de 3-0 en faveur des Lions de l’Atlas, attribuant ainsi le titre continental au Maroc.
Cette décision fait suite aux incidents survenus en fin de match. Après l’attribution d’un penalty au Maroc dans le temps additionnel, les joueurs sénégalais avaient momentanément quitté la pelouse pour protester. La rencontre avait été interrompue plusieurs minutes avant leur retour sur le terrain. Le Sénégal avait ensuite remporté le match.
Pour justifier le forfait, la CAF a estimé que ce retrait constituait une violation des articles 82 et 84 du règlement de la compétition.
La Fédération sénégalaise de football rejette cette interprétation et demande au TAS d’annuler la décision de la CAF. Elle souhaite que le Sénégal soit reconnu comme le vainqueur de la CAN 2025, conformément au résultat obtenu sur la pelouse.
Dans son argumentation, la FSF insiste notamment sur le déroulement de la rencontre après l’interruption. Selon sa position, l’arbitre avait choisi de suspendre temporairement le match, sans y mettre définitivement fin. Le jeu avait ensuite repris jusqu’au coup de sifflet final.
La fédération conteste donc la qualification d’abandon retenue par la CAF. Elle avait notamment dénoncé une décision qu’elle jugeait « inique, sans précédent et inacceptable ».
L’audience du 8 octobre permettra aux arbitres d’examiner les arguments des différentes parties avant de rendre leur décision. L’enjeu dépasse le seul résultat de cette finale : l’interprétation des règles disciplinaires et les conséquences d’un retrait temporaire du terrain sont au cœur du litige.
En attendant l’issue de la procédure, le TAS appelle à la prudence face aux informations erronées relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias. L’institution rappelle que ses communications officielles, publiées sur son site internet, constituent la référence pour suivre l’évolution du dossier.
Aucune date n’a pour l’heure été annoncée pour le verdict. L’audience du 8 octobre marquera une étape importante, mais ne mettra pas fin à l’incertitude entourant le titre de la CAN 2025.
